« Pour de nombreuses raisons, je suis sensibilisé sur le sujet de la sécurité routière dans le cadre du travail. Tout d’abord, je travaillais auparavant dans secteur du BTP où la sécurité imprègne les pratiques quotidiennes des entreprises. Ensuite, en qualité de directeur des ressources humaines, je suis garant du fait que chaque collaborateur-trice a le droit de travailler en toute sécurité et ne soit donc pas victime d’accident. Enfin, le risque routier peut mettre en cause la responsabilité pénale de l’entreprise et des managers.
Je suis arrivé dans l’entreprise en septembre 2006 et j’ai commencé à déployer le plan de prévention du risque routier à partir de mai 2007. Première action, j’ai créé un outil de communication baptisé Flash Sécurité qui, en une page, focalise l’attention des conducteurs-trices sur une situation de danger réel vécue par des conducteurs-trices de l’entreprise. Progressivement cet outil d’alerte est devenu un support privilégié pour donner des conseils sur la conduite. Ensuite, j’ai fait appel à Automobile Club Prévention pour former l’ensemble des conducteurs-trices sur circuit. J’avais besoin de l’aide d’un spécialiste pour analyser notre sinistralité et établir un diagnostic.
Automobile Club Prévention a établi la pyramide des risques d’Heinrich qui nous a montré que nous avions une probabilité d’avoir un accident mortel dans un délai rapproché. Les conducteurs-trices ont donc été formé-e-s sur piste avec des cours qui alternent théorie et pratique. Cette sensibilisation au risque renforce la cohésion des équipes.
Parallèlement, tous les ans, nous mesurons la fréquence des accidents et leur gravité avec Automobile Club Prévention. J’ai également demandé aux managers de mettre la sécurité routière à l’ordre du jour de leurs réunions. A cette occasion, ils doivent faire le tour des véhicules de leur équipe pour vérifier leur état général. Chaque accident fait l’objet d’une déclaration envoyée par mail et d’une fiche d’analyse signée avec le manager.
De plus, je signe avec chacun-e des collaborateurs-trices une convention de mise à disposition des véhicules dans laquelle sont rappelées les règles de sécurité. Pour sensibiliser les managers, j’ai insisté sur leur responsabilité pénale. Pour éviter que l’entreprise ne se retrouve dans la situation de commettre une faute inexcusable, elle doit tout mettre en œuvre pour assurer la sécurité de ses collaborateurs-trices. Le message a mis du temps à passer, mais en tant que membre du Comité de Direction, j’ai pu sensibiliser mes collègues. Des délégations de pouvoirs sont signées avec les managers pour les responsabiliser et la formation à la sécurité routière fait partie du cursus d’intégration des nouveaux embauchés. Enfin, j’envisage de mettre en place un challenge autour de la sécurité routière.
Les résultats sont au rendez-vous puisque nous sommes passés d’une fréquence d’un accident tous les trois ans pour chaque véhicule à un accident tous les cinq ans. Même si les mauvaises conditions climatiques que nous connaissons cet hiver ont freiné la progression, il existe une réelle prise de conscience. Le secret : une communication régulière – il faut créer l’événement -, et l’implication du management et de la Direction. Je leur ai fait comprendre que les formations leur serviraient également dans leur vie privée. Afin de poursuivre la sensibilisation, nous allons également mettre en place des modules de formation à l’éco-conduite et ouvrir la formation sur circuit dans le cadre du DIF à tous-tes les collaborateurs-trices.
En moins de deux ans et demi, nous avons fait baisser le nombre d’accident et nous avons stabilisé la situation. C’est un beau succès collectif. »
Source : Flottes Automobiles, le portail de la gestion des véhicules professionnels, Mars 2010